La photo en bref :

Pour commencer, une photo, c'est de la lumière qui vient s'imprimer sur une pellicule. Par un procédé chimique lors du développement, cette lumière se transforme en photo. Ainsi, votre pellicule doit toujours rester dans le noir complet avant son développement ; sinon, le moindre petit rayon lumineux viendra s'y imprimer. De nos jours, le principe reste le même, mais la pellicule a été remplacée par un capteur qui convertit cette lumière en données numériques pour créer l'image. 

L'iris de votre œil, lorsqu'il fait sombre, s'ouvre pour laisser passer un maximum de lumière. Inversement, lorsqu'il fait grand soleil, il se ferme pour la minimiser. En photographie, le principe est exactement le même. Un objectif fonctionne comme votre œil grâce à son diaphragme : c'est ce qu'on appelle l'ouverture, et c'est un des premier point de réglage.

Le deuxième point, ce sont les ISO. En argentique, c'est la pellicule qui les définit : les ISO représentent la sensibilité du film à capter la lumière. Plus les ISO sont bas, moins la pellicule est sensible ; il faut donc un maximum de lumière pour qu'elle s'imprime sur la photo. Plus les ISO sont hauts, plus la pellicule est sensible (mais vous aurez davantage de grain sur votre photo mais ça c'est une histoire de chimie et de cristaux du film).

Le troisième point, c'est la vitesse d'obturation. Lorsque vous déclenchez, des rideaux dans l'appareil photo s'ouvrent et se ferment très rapidement pour laisser passer la lumière à travers le boîtier afin qu'elle vienne s'imprimer sur la pellicule. La vitesse d'obturation s'exprime en fractions de seconde. Cette vitesse peut être réglée plus rapidement ou plus lentement selon la luminosité :

Mais attention, c'est là que cela se corse ! Si vous laissez les rideaux ouverts longtemps, il faut que votre appareil reste parfaitement immobile. Imaginez tenir un verre d'eau plein à ras bord le bras tendu : vous allez trembler et l'eau va se renverser. Ici, c'est la même chose : si vous tremblez, votre photo sera floue (le fameux flou de bougé). C'est pour cette raison que les trépieds ont été créés : pour garantir une immobilité totale. Mais, car oui il y a un mais.. si vous photographiez une moto à pleine vitesse avec des rideaux lents, celle-ci apparaîtra floue sur votre photo car le temps que les rideaux se ferment, elle-même aura bougé sur la photo (le flou de mouvement). Pour contrer ce flou et figer son sujet, il faut donc que les rideaux s'ouvrent et se ferment très rapidement.

Maintenant que vous avez ces trois notions, comment comprendre l’exposition :

Si vous ouvrez le diaphragme au maximum et que vous réglez une vitesse d'obturation lente, vous laissez passer un maximum de lumière à la fois par l'objectif et par le boîtier. Votre photo recevra beaucoup trop de lumière : elle sera éblouie et ressortira toute blanche. C'est ce qu'on appelle une photo surexposée (ou « cramée » dans le jargon).

Inversement, si vous fermez le diaphragme et que vous réglez une vitesse d'obturation très rapide, vous ne laissez passer qu'un minimum de lumière. Votre photo n'en recevra alors pas assez : elle sera sous-exposée et ressortira très sombre, voire totalement noire.

Afin que la quantité de lumière totale reçue par le film (l’exposition) soit idéale, il faut chercher un équilibre parfait entre les trois points cités plus haut. En argentique, comme mentionné, les ISO ne sont pas ajustables (ils dépendent du film chargé). Ce paramètre reste donc une constante lors de votre prise de vue.

Par conséquent, l'exposition repose uniquement sur la vitesse d'obturation et l'ouverture du diaphragme : si vous augmentez la vitesse d'obturation (par exemple pour figer un sujet rapide), vous laissez entrer moins de lumière. Vous devrez donc obligatoirement ouvrir le diaphragme en conséquence pour conserver la même quantité de lumière totale. Et inversement : si vous fermez le diaphragme, vous devrez utiliser une vitesse plus lente.

En fait, il faut imaginer l'exposition comme le remplissage d'un récipient (la pellicule) à partir d'un flux infini de sable (la lumière). Parfois ce sable arrive en très grande quantité (beaucoup de luminosité) et parfois il y a peu de débit (peu de luminosité), mais ce qu'on veut au final, c'est remplir le récipient à la bonne quantité de sable (ni trop = surexposition, ni pas assez = sous-exposition). Pour ce faire :

Si l'entonnoir est très étroit, il faudra laisser couler le sable plus longtemps. S'il est très large, une fraction de seconde suffira !